music & raincoat
Adolescent, je compilais sur des cassettes audio BASF tout ce qui me passait sous la main et entre les oreilles. Mes stocks de décibels dépassaient largement ce que je pouvais stocker sur mes petites étagères. J’archivais également des vieux vinyles achetés au marché aux puces du samedi matin à Genève. Les faisant tourner sur la vieille chaîne familiale, j’arrangeais mes humeurs au rythme des tubes. Puis vint l’heure des CD, des achats compulsifs des premières payes estivales, des nouveaux goûts toujours plus éclectiques et des découvertes inattendues. De médiathèques en disquaires, de radio en clips, je vibrais quotidiennement. L’âge adulte avançant, les découvertes sont plus rares, les valeurs sûres et les artistes fétiches représentent l’essentiel de mes achats, de mes téléchargements (payants). Entre deux averses, entrant dans le premier disquaire venu, j’aperçu un idéal masculin dans la même position que moi, la tête penchée, remontant son col pour tenter, en vain, toujours en vain, de se protéger des gouttes. Je ne sais qui décida de lui demander une telle pose, banale et sensuelle d’un vrai mec mais son disque se vendra certainement grâce à cette pochette. Il parle d’amour et de guerre, de couleur et de changement, de cigarette et d’(im)possibilités et sa voix derrière un piano me transporta dès la première seconde…


Cela me donne envie de croiser ce bel éphèbe et de rencontrer sa voix… J’y vais avec allant.