202 ans en arrière
Le 8 juillet 1807, Mme de Récamier et son chevalier servant du moment, un certain Elzéar de Sabran se trouvaient dans le jura, père de Morez, dans les montagnes qui surplombent ma chambre en ce moment, dans une bien mauvaise posture. Leur accident de voiture entre des rochers fit accourir de Coppet Mme de Staël qui s’empressa de venir rechercher ses hôtes. Culbutée, Mme de Récamier était en état de choc. La brave Germaine, qui était dans l’attente de son manuscrit de Corinne enfin mis sous presse, fut admirable. Toujours prête à voler au secours de sa belle amie dont elle était éprise autant que son propre fils, Auguste. Le temps jurassien devait être le même qu’aujourd’hui, brumeux, pluvieux et maussade. Les séjours estivaux sont parfois victimes de ce genre d’aventure, mais les deux amies oublièrent vite cet incident pour retrouver les charmes des rives du Léman. Dramatiques, romantiques, passionnés, les séjours à Coppet étaient rocambolesque et la maîtresse de maison, toujours en proie à des humeurs amoureuses tourmentées savait bien que naît de ces passions les souvenirs les plus impérissables. Le Jura n’est désormais plus une barrière dangereuse pour les voyageurs, et Coppet dort paisiblement. Deux siècles sont passés et les amitiés amoureuses sont moins fougueuses. Pourtant, entre les nuages, au pied des pentes verdoyantes du Jura, une fausse quiétude souriante demeure, malicieuse, prête à bondir. Que va t-il bien ce passé cette année en ce début d’été?

Vue du Jura au XIXème

La suite du blog pour les assoiffés!